FEDERATION DES ORGANISATIONS AMERINDIENNES DE GUYANE
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Groupe de travail sur les populations Autochthones
dix-septième session, 26-30 juillet 1999

Point 5: les Peuples Autochthones et leur relation à la Terre

L'existence des peuples autochthones qui n'ont jamais renoncé à leur souveraineté est antérieur à l'occupation française de la Guyane en Amérique du sud. Nos peuples entretiennent depuis des temps immémoriaux des liens particuliers avec la terre. Cette relation fondamentale avec notre Mère-Terre constitue la base de notre existence, source de notre survie par le maintien des modes de vie construits en parfaite symbiose avec les lois de la nature. En 1969, début de la francisation, nous ne cessons de faire l'apprentissage d'une injustice au nom de l'égalité, dépossession de nos terres ou se retrouver étranger ou apatride sur son propre territoire tel que les peuples Wayanas de l'intérieur de la Guyane française.

Nos peuples ont toujours été et continue d'être spolié sur l'ensemble de nos territoires sous couvert des dispositions spéciales ou décrets régissant le domaine privé de l'Etat sur les terres "soi-disante" vacantes. Des dérogations devraient permettre à nos peuples de bénéficier des droits d'usage collectifs mais des blocages administratifs et surtout politiques empêchent leurs applications. Cette jouissance est tout de même conditionnée par aucun droit nouveau susceptible d'être opposé à l'Etat. mais nous nous évertuons à faire connaître les aspirations de nos peuples pour une juste réparation. A ce propos, plusieurs résolutions ou motions récentes constituent des propositions claires et qui ont été communiqueés aux autorités gouvernementales et territoriales.

Les zones protégées mises en place ne remplissent pas les objectifs de protection des droits, du respect de notre organisation sociale et des institutions de nos peuples. L'Etat français continue à prendre des décisions sans mettre en place un processus de concertation avec nos organisations et nos autorités traditionelles. Nous devons être associé avec une certaine équité à toutes les décisions et les mesures impliquant l'avenir de nos peuples. Nos efforts pour garder notre autonomie même par le biais de la création de commune restent vains puisque les terres continuent d'appartenir à l'Etat français. de plus, nos peuples sont maintenant soumises aux taxes et aux impôts fonciers pour vivre sur leurs propres territoires. Ces processus ne correspondent pas à notre mode de fonctionnement et cette question restera en suspens tant que nos organisations et nos autorités traditionnelles et spirituelles seron occultés voir ignorés.

Bien que, nous soyons au sein d'un pays développpé, telle que la France, notre situation de peuples autochthones est similaire sinon plus dramatique des autres pays en voie de développement des Amériques. Citoyens français et européens de surcroît, nous ne pouvons accéder
directement aux programmes et aux soutiens concernant les projets de développement en faveur des peuples autochthones.

C'est pourquoi, nos organisations et nos autorités traditionnelles et spirituelles de la Guyane française exhortent l'Etat français à satisfaire l'engagement pris par la France au sommet de Rio en 1992 et
de respecter rigoureusement les 27 principes de ce sommet de Rio notamment son principe 22. Et, nous recommandons aussi:
- La redéfinition de la relation de nos peuples avec l'Etat français par un Pacte Fondateur.
- Pour être en accord avec les différentes déclarations, l'organisation d'une conférence nationale sur la question des peuples autochthones en France avec la participation effective de tous les représentants autochthones de l'ensemble de ses départements et territoire d'outre-mer.
- Nous réitérons notre motion pour la ratification de la convention 169 de l'OIT en faveur des peuples autochthones de la Guyane.
- Le retranchement de l'Etat français derrière sa constitution est très caractéristique , c'est pourquoi nous lançons un appel pour appuyer la démarche des peuples autochthones de la Guyane française.

En tous cas, nous gardons l'espoir que le prochain millénaire soit plus favorable à nos peuples et à l'ensemble des peuples autochthones du monde.

Jean-Aubérique CHARLES
Chef coutumier de Kourou