CISA Consejo Indio de Sud América
COMMISSION DES DROITS DE L'HOMME
Point 4(b) : Peuples Indigènes et résolution de conflits.
Monsieur le Président :
Je parle au nom de l'organisation à laquelle j'appartiens, le Conseil Indien d'Amérique du Sud, le CISA. Le principal conflit auquel les peuples indigènes sont confrontés les oppose aux États qui les ont envahis et les conflits moindres ont pour cause la coexistence des populations ayant des visions différentes et des intérêts antagonistes.
Les États résolvent une grande partie des conflits qui les opposent par l'intervention d'un organisme supérieur comme les Nations Unies. De la même façon, comme chaque État est reconnu comme seul responsable de ce qui se produit au sein du territoire revendiqué comme étant le sien, dans le cas de conflit avec les populations indigènes, les autres États n'interviennent pas sous le prétexte qu'il s'agit de problèmes internes. De même, les Nations Unies n'interviennent qu'en cas de flagrant délit de génocide. Le conflit majeur entre l'État envahisseur et le Peuple Indigène se résout selon les préceptes et lois tout- puissants de l'État, qui est à la fois le plaignant, le juge et le bénéficiaire de ses décisions. Quant aux organismes internationaux, ils font des recommandations pour qu'il y ait un meilleur traitement des Peuples Indigènes que les États ne respectent pas.
C'est pour ces différentes raisons que les représentants des Peuples Indigènes des années 80, dont le CISA, ont décidé de créer un organisme de haut niveau au sein de l'organigramme des Nations Unies qui puisse enquêter sur le terrain sur la réalité indigène et intervenir et résoudre les conflits avec les États. Dans cette perspective, un groupe de discussion s'est formé dont les accords devaient se faire par consensus, afin de mettre en place un "Forum Permanent pour les Peuples Indigènes". Après trois réunions annuelles sans parvenir a un consensus, les gouvernements ont présenté à la Commission des Droits de l'Homme un "forum" ne disposant d'aucun pouvoir d'enquêter et de résoudre les conflits, pour s'occuper des "questions indigènes" suivies déjà par d'autres agences des Nations Unies. Toute possibilité que la résolution des conflits sorte de la puissance des États a été annulée et une grande partie des tendances politiques qui contrôlaient les caucus indigène durant les années 90- 2000 ont donné leur accord et ont tu leurs critiques. Une fois perdue cette opportunité, nous nous retrouvons dans des conditions pires que celles des années 80 où nous avions l'espoir d'avoir un "Forum" qui intervienne dans les conflits.
Par conséquent le CISA considère qu'il faut reprendre la lutte pour obtenir un nouvel organisme supra-étatique au sein de l'Organisation des Nations Unies pour que cette tâche soit accomplie. Nous ne nous accommodons pas de lieux pour nous plaindre et pour dénoncer les États qui asservissent nos Peuples sans qu'un organisme de l'Organisation de Nations Unies au dessus d'eux ne puisse intervenir.
Nous, les délégués indigènes des années 70-80, avons ouvert une brèche pour que cela soit possible, ceux qui sont venus après l'ont refermée, nous ne pouvons pas rester sur cet échec, les nouvelles générations doivent reprendre l'offensive, cela est notre demande.
Merci beaucoup.
Nolasco MAMANI
Tomás CONDORI
Genève le 19 juillet 2004.